Modes d'emploi
À Saint-Nazaire, l’énergéticien s’apprête à construire une unité de 4 mégawatts, avec l’aide de l’Europe. Première brique d’un projet de filière bas carbone dans l’estuaire de la Loire, nommé H2 Loire Vallée.

« Nous devons prendre nos responsabilités et proposer des alternatives aux carburants émetteurs de CO2 », estime Michel Magnan, directeur EDF Pays de la Loire. L’énergéticien français, à travers sa filiale Hynamics, prévoit de mettre en service dès 2023 à Saint-Nazaire, une unité de fabrication d’hydrogène de 2 MW (mégawatts) qui se doublera d’une seconde tranche.

La production par électrolyse serait d’environ une tonne par jour. Soit la consommation quotidienne d’une trentaine de bus. L’investissement est de 15 millions d’euros. Sur la surface d’un terrain de football, l’usine de haute technologie emploierait une quinzaine de personnes.

Des bus pour commencer

« C’est la première brique du projet H2 Loire Vallée qui vise à créer une filière complète bas carbone entre Nantes et Saint-Nazaire, ajoute Michel Magnan. L’objectif est de produire de l’hydrogène, de créer les infrastructures de stockage et d’approvisionnement puis d’accompagner les changements industriels. » Au côté d’EDF, on trouve le groupement d’entreprises Néopolia, le Grand port, Man Energy Solutions… L’Union européenne apporte son soutien financier par une aide de 4 millions.

Le collectif d’entreprises veut commencer par les bus. « C’est la technologie la plus mature. Des villes comme Le Mans ont déjà passé commande. On attend la décision de la Carène [communauté d’agglomération] à Saint-Nazaire, informe le dirigeant. Le prix d’un bus à hydrogène est plus élevé qu’un diesel [près d’un million d’euros] mais l’Ademe (1) est prête à aider ces nouveaux usages. » 

Après les bus, les poids lourds et les camions-bennes, le projet H2 Loire Vallée compte s’intéresser aux transports fluviaux, portuaires et maritimes. « C’est vraiment un projet de territoire et les industriels vont pouvoir concevoir des solutions Made in Pays de la Loire. Europe technologies développe déjà des solutions pour transporter rapidement de l’hydrogène en conteneurs basse température, sur courtes distances. » Par exemple, pour approvisionner un groupe électrogène, une grue portuaire ou un élévateur qui fonctionne à hydrogène. Une manière d’éviter la multiplication de stations-service. « Des travaux concernent aussi la motorisation de bateaux capables de transporter 200 personnes. » De son côté, Man travaillerait sur des moteurs gaz naturel et hydrogène pour limiter fortement leur impact CO2.

À Saint-Nazaire, la Carène reste prudente car elle discute toujours avec un concurrent d’EDF, la PME Lhyfe qui produit de l’hydrogène vert au pied des éoliennes de Bouin, en Vendée. Décision « avant la fin de l’année ». 
 

Mix nucléaire et renouvelables

Reste aussi à rassurer sur le moyen de produire ce carburant nouveau, par ailleurs explosif. Hynamics est, sur ce point, très clair : pas question fabriquer de l’hydrogène comme partout dans le monde, par « vaporéformage » du méthane, un gaz fossile émetteur de CO2. « Nous souhaitons retenir la production par électrolyse de l’eau, en utilisant de l’énergie électrique, selon un mix nucléaire et énergies renouvelables », rassure Michel Magnan.

Le risque serait, lui aussi, très faible : « C’est une technologie que les industriels savent maîtriser. Elle est déjà très présente dans l’aérospatiale. En Allemagne, près de 300 bus roulent déjà à l’hydrogène. »

(1) Ademe, Agence de la transition écologique.

Saint-Nazaire. EDF lance une plateforme de production d’hydrogène

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