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À 17 ans, Louise Hamon-Merand montait pour la première fois sur la scène de la Bogue d’Or, dimanche soir, au théâtre Le Canal. Une première prestation réussie, récompensée par une Bogue d’Argent, qui incite la jeune chanteuse à poursuivre son aventure, sur le chemin des traditions.

À 17 ans, Louise Hamon-Merand montait pour la première fois sur la scène de la Bogue d’Or, dimanche soir, au théâtre Le Canal. Une première prestation réussie, récompensée par une Bogue d’Argent, qui incite la jeune chanteuse à poursuivre son aventure, sur le chemin des traditions.

Dimanche, au moment de monter sur scène, Louise vacille.  « J’ai déjà chanté pour des fest-noz, mais c’est différent, les gens dansent. Là, ils sont assis, c’est beaucoup plus impressionnant. »

Plantée devant le micro, droite comme un « i », elle se libère. Les premières notes sont lachées.  « Je ne la chante pas, je la raconte. J’explique une histoire aux gens qui sont en face de moi. »

Ce soir-là, pour sa toute première Bogue d’Or, elle décide d’interpréter a cappella,  C’est dans la ville de Rennes « Je l’ai apprise au tout début de mes cours de chant, il y a un peu plus d’un an. Elle parle d’un jeune homme que son amante vient de quitter et qui décide de s’engager dans l’armée, de partir en Angleterre. Quand elle revient avant son départ, il lui dit que c’est trop tard. C’est une belle chanson avec une belle mélodie. Comme je prends plaisir à la chanter, je me suis dit, autant la partager avec d’autres. »

Le partage, une notion ancrée au cœur de la Bogue, à laquelle Louise Hamon-Merand s’est très vite attachée.  « Depuis toute petite j’accompagne mes parents aux fest-noz et fest-deiz. Je dansais beaucoup, et je me suis dit, pourquoi ne pas essayer de faire danser à mon tour. C’est ce que je fais maintenant.  »

Depuis toute petite, la jeune plesséenne de 17 ans baigne dans l’univers musical. « Au lieu de nous raconter une histoire, notre père nous faisait écouter une nouvelle musique, un soir par semaine. De la musique traditionnelle du monde entier, mais aussi française, de Boris Vian à Jacques Brel. »  La petite a de qui tenir. Son papa, Mathieu Hamon, chanteur du groupe Hamon-Martin Quintet, avait remporté la Bogue d’Or à 19 ans, en 1991.

Des rêves tout tracés

Mais c’est par la musique qu’elle va d’abord s’exprimer. À 9 ans, elle commence à apprendre le violon au Groupement culturel breton des pays de Vilaine. Le chant arrive plus tard…  « J’ai commencé à chanter en apprenant à jouer des chansons avec notre trio, Kaji. Comme ce sont des enregistrements que l’on récupère, sans partitions, on chante les mélodies pour apprendre à les jouer. »  En terminale S cette année au lycée Beaumont de Redon, Louise jongle entre les cours de solfèges, les répétitions et son année de Bac.  « Je passe ma semaine à courir, c’est difficile de tout concilier, mais c’est pour des choses qui me font plaisir, donc ça va », lâche-t-elle avec un grand sourire.

En avril dernier, tout s’accélère. Son trio remporte le concours interlycées de musique bretonne, à Lannion, où elle alterne entre le chant et la musique. Cette victoire leur permet de tourner tout l’été sur les scènes des festivals de musique bretonne. Le groupe jouait d’ailleurs ce week-end, à la Taverne des marins.

Pour elle, cette Bogue d’Argent est une motivation supplémentaire, qui l’invite à poursuivre dans cette voie.  « L’année prochaine, il y a de grandes chances pour que j’aille en fac de musicologie, à Rennes II. J’ai déjà des amis musiciens qui sont allés là-bas. La Bogue d’argent c’est pour moi un encouragement pour continuer à chanter, creuser et apprendre encore plus le répertoire des chants traditionnels. »

La jeune chanteuse garde cependant bien les pieds sur terre, consciente des difficultés du milieu.  « Je sais comment ça se passe, notamment grâce à mon père. J’aimerais pouvoir un jour vivre de la musique, mais je sais que c’est très compliqué. Ce qui est sûr, c’est que je suis vraiment motivée. »  Un rêve qui se poursuivra dès le 17 novembre prochain, au parc des expositions de Rennes, où son trio est attendu pour jouer à Yaouank, le plus grand fest-noz de Bretagne

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