Modes d'emploi
L'association Les amis du petit grain, à Rouans, veut sauver les petites parcelles de vignes qui produisent des vins issus de cépages qui retiennent peu l'attention.

Les anciens s’en souviennent. Partout, en pays de Retz, des petites parcelles de vignes étaient disséminées ça et là, pour des petites productions locales et familiales qui donnaient le vin du cru.À Rouans (Loire-Atlantique), l’association Les amis du petit grain est née du constat que ces petites vignes de nos paysages ont presque toutes disparu.

Une sorte de conservatoire

Estimant urgent de sauver les dernières existantes, Bertrand Huyghe, un habitant du village de Launay, Christophe Lefebvre de la Cavernière et Hugues Philouze, de Vue, se sont mis en quête de trouver des petites parcelles de vignes locales à racheter pour ainsi les sauver et constituer une sorte de conservatoire de secteur.


L’aventure a commencé par une première parcelle acquise par Bertrand Huyghe, à Pornic, début 2017.

Leur projet était clair : « On achète des vignes, on taille, on vendange et on sous-traite la vinification à un professionnel. Des contacts avaient d’ailleurs été pris avec un vigneron des environs de Vallet », souligne Hugues Philouze.

Jusque-là, tout va bien, mais coup de théâtre, en août 2017. Alors que la première vendange s’annonçait prometteuse, le vigneron se dédit. Il raconte :

Il fallait assumer jusqu’au bout notre engagement pour la vigne. Nous avions un espace disponible au siège de l’association, mais il nous manquait le reste. Finalement, par le bouche-à-oreille, nous avons trouvé localement des ressources insoupçonnées. Jean-Luc Batard, de la Jarossaie, à Rouans, nous a cédé à prix d’ami tout son matériel, pressoir, érafloir, cuves, etc.

Cette mésaventure s’est finalement révélée riche en rebondissements.

Produits en petites quantités

Hélène Arretgros, habitante des Grandes Rivières, a rejoint l’équipe et apporté le savoir-faire et la technique de vinification. D’autres encore sont venus apportant chacun leur pierre à l’édifice.

Une véritable synergie s’est créée autour du projet. L’association compte cette année cinquante membres. Beaucoup d’entre eux, nostalgiques d’une certaine époque, y retrouvent le vin qu’ils ont connu, des vins issus de cépages sans grande noblesse tels que le 4 643 Seibel Roi des noirs, le 7 053 Seibel Chancelor, que nous produisons actuellement en petite quantité.

Mais, qui dit petite quantité dit rareté ! « La vente de nos produits reste confidentielle et principalement ouverte aux membres », résume Hugues Philouze.

L’association continue dans ses projets de préservation de ce patrimoine vivant. Elle souhaite, dans l’année à venir, aider des petits propriétaires exploitants des vignes de vieux cépages hybrides, comme le 26 205 Joannes-Seyve, plus connu sous le nom de 26 000, le 5 455 Seibel Plantet, des cépages autrefois courants dans la région. Ce sera ainsi tout un panel de cépages du pays de Retz qui, grâce à leur action, perdurera.

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