Modes d'emploi
Petit interlude sur le futur sacre de 2021 vu par Dominique Labarrière

FMI ou de la BCE transformé sur les plateaux TV et au mi-cro des radios, nous aura, là aussi, copieusement vaccinés.

Cela dit, par le fait même, très belle année également que celle où nous autres, pauvres incultes, nous aurons appris que, en ces domaines de grand savoir, la seule chose absolument certaine est l’incertitude. 

Nous voici donc tous devenus en quelque sorte philosophes, convertis à l’ascèse du doute hyperbolique et méthodologique chère à ce bon vieux Descartes. Dès lors, une question surgit : faudra-t-il aussi nous vacciner contre ce doute, puisqu’il semble bien que ce soit lui, cet autre virus pour tout dire, qui nous retiendrait d’adhérer avec l’enthou- siasme souhaitable à la mobilisation générale pour la campagne de travaux d’ai- guilles dont on nous fait une promotion tellement tapa- geuse que, pour un peu, elle en deviendrait suspecte.

On nous a même fabriqué une icône pour la cause. Mauricette est son prénom. On ne sait pas si on en fera le buste de la prochaine Marianne ou si on lancera des pétitions pour son entrée au Panthéon, mais avec Mauricette, une héroïne nouvelle de la science nous est née. Félicitons-la de bon cœur et souhaitons-lui longue vie. (Oui, surtout cela, parce que si les choses de- vaient mal tourner pour elle à plus ou moins brève échéance - ce qu’à Dieu ne plaise, bien sûr ! - je ne vous dis pas les effets secondaires. Le doute sus-évoqué devien- drait aussitôt répulsion, rejet catégorique, ou pire, révolte. Les foules entreraient en ré- sistance, c’est certain ! Je ga- lèje, bien sûr... Quoique...)

En fait, j’épilogue sur 2020 parce que - vous l’aurez deviné - je suis assez embarrassé pour formuler des vœux crédibles en ce début 2021. L’an passé, je vous souhaitais probablement une excellente

santé. On a vu le résultat. Je ne vais pas retomber dans ce piège cette fois-ci. Je vous souhaitais aussi la prospérité. Encore gagné : avec tous nos amis commerçants, restaura- teurs, cafetiers, artisans, ar-tistes, patrons de cinémas, de cabarets, de théâtres, de salles de sports, de disco- thèques, qui pour beaucoup ne se relèveront pas de 2020, je ne vais pas non plus m’aventurer sur ce terrain. Alors quels vœux hasarde- rais-je donc en ce début d’an- née tellement inédit ? Un seul: tenez bon. 

Que chacun d’entre nous trouve en lui la force et la sagesse d’aimer sa destinée, dans le sens et avec les implications que Nietzsche voyait dans ce qu’il appelait l’amor fati, l’amour du destin. Non pas l’aimer béa- tement en se condamnant à le subir, mais l’aimer pour s’en saisir, s’en rendre maître et s’attacher à l’embellir.

Bonne et heureuse année à toutes et à tous.

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On aura beau dire, l’année qui vient de s’écouler aura été une sacrée bonne année. Oui, je sais, à première vue de tels propos peuvent paraître stu- pides, ignobles ou provoca- teurs, ou les trois à la fois. J’assume. Regardez un peu : on nous prédisait l’apocalypse si nos finances pu- bliques sombraient à plus de trois pour cent de déficit. C’était la fin du monde an- noncée, promise, certaine. Or, tout au long de ces derniers mois on n’a cessé de

nous pondre des milliards et des milliards à coups de ba- guette magique. L’abracada- bra est devenu la formule clef de la gestion des nations et des peuples, qui, quant à eux, chaque matin, n’avaient qu’à se tourner vers Bercy et en- tonner l’incantation « donnez-nous notre milliard quo- tidien » pour que leur prière soit exaucée sur-le-champ. Très bon millésime en ma- tière de largesses d’État, donc. On en conviendra. Le haut de forme du Picsou de la City, de Wall Street, du

Exit 2020, Vive 2021 !

en chapeau à colombes du prestidigitateur. (Je me plais à imaginer notre longiligne Mme Lagarde, collants noirs à résille, jupette ultra courte et sourire ravageur aux lèvres, exécutant ce numéro, des liasses d’euros voletant autour d’elle.) Mais attention danger ! Car on prendrait vite goût à une telle profusion.

En effet, gardons-nous de la fièvre qui pourrait nous ga- gner et de la dure épreuve que pourrait être le sevrage. Aussi, ne conviendrait-il pas de prévoir un vaccin contre le virus du milliard facile ? Peut-être devrait-on consti tuer sur ce sujet un conseil scientifique ? Évidemment, si on espère obtenir là-dessus une réponse claire et cohé- rente, on s’en abstiendra. Car, pour ce qui est de la confiance qu’on peut désormais accor- der à la parole médico-scien- tifique, la déferlante de véri- tés à géométrie très variable assénées toute cette périod

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