Modes d'emploi
Après un cafouillage juridique qui n’a pas manqué d’agacer la profession, les auto-écoles ont pu rouvrir, mercredi 13 mai. Entre masque et désinfectant, les moniteurs démarrent doucement. Reportage en Loire-Atlantique, à Nantes.

Et on n’oublie pas les clés, c’est quand même mieux pour démarrer ! », plaisante Fernando Moreira, moniteur à Auto-école Beaulieu, à Nantes, avec un regard complice vers son élève. Maël Tison, 19 ans, attrape le trousseau tout juste désinfecté sous ses yeux, en laissant deviner un sourire sous son masque.

Ce jeudi matin, sous un beau soleil de mai, Fernando Moreira accueille son deuxième élève.  On prend cinq bonnes minutes pour tout désinfecter, en présence de l’élève, avant chaque cours, renseigne-t-il, en astiquant le volant à l’aide d’un chiffon imbibé de produit désinfectant.On suit le chemin de l’élève, en désinfectant tout ce qu’il touche avant de s’installer et durant sa conduite : rétroviseur, volant, vitesses, etc. 

Loin des affres du coronavirus, c’est soulagé et de bonne humeur que Maël Tison reprend le volant.  J’appréhendais un peu, je n’avais pris que cinq heures de conduite avant le confinement. Finalement, ça ne s’oublie pas ! s’enthousiasme le jeune homme, apprenti cuisinier, à l’arrêt depuis deux mois. J’espère pouvoir passer mon permis cet été. 

Ils sont nombreux, comme lui, à vouloir décrocher la carte rose avant les grandes vacances et ainsi espérer trouver un job d’été. Et du temps pour pratiquer, ils en ont davantage, tant que les lycées restent fermés.  Les plannings ont été réajustés, mais nos jeunes sont plutôt disponibles, remarque Isabelle Roux, gérante de l’Auto-école Beaulieu. Puis, nous avons étendu nos planches horaires, avec des cours d’une heure trente, pour laisser le temps aux moniteurs de désinfecter les véhicules. Nous l’attendions cette reprise… »

Dans cette école, la priorité est donnée aux néophytes. Les autres, les neuf apprentis conducteurs qui devaient passer leur permis B en mars et avril, referont le point plus tard avec les moniteurs, pour remettre le pied à l’étrier.

Une distanciation impossible

Dans l’attente d’une fiche métier provenant du ministère de l’Intérieur, indiquant les bonnes pratiques dans ce contexte de crise sanitaire, les 180 auto-écoles qui quadrillent le département ont pris les devants pour ouvrir avec toutes les mesures de sécurité.

Si dans les salles de code, les gestes barrières ont été facilement applicables, à raison de 4 m² par personne, c’est une autre paire de manches pour les leçons de conduite. Les distanciations sociales sont impossibles à respecter dans l’habitacle d’une Clio.  Certains ont évoqué l’idée de placer une vitre en plexiglas entre l’élève et le moniteur, mais c’est impensable en termes de sécurité. Le moniteur intervient souvent sur le volant, commente Claude Bernard, représentant éducation routière du Conseil national des professions de l’automobile (CNPA) en Loire-Atlantique. On impose le masque, on désinfecte tout, on évite la clim et pour les séances de code, c’est sur réservation. La majorité des élèves avaient hâte de revenir, comme nous, même si une petite poignée attend de voir comment va évoluer le virus. 

Après un imbroglio juridique, qui les empêchait de rouvrir au déconfinement, lundi 11 mai, un arbitrage du ministère de l’Intérieur a finalement autorisé les auto-écoles à se remettre sur les rails. Une reprise à tâtons, encore conditionnée par la réouverture des centres d’examens du permis de conduire, dont la date reste inconnue.

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