Modes d'emploi
Seringues de vaccin, compresses usagées : les déchets infectieux rassemblent tous le matériel utilisé et souillé pendant les soins médicaux. Dans les Pays de la Loire, les deux usines d’incinération à Nantes et au Mans ont vu leur activité augmenter entre 2019 et 2020, d’environ plus de 8 % en un an à cause de la pandémie.

Le sujet des déchets infectieux peut paraître technique. Mais il concerne, en réalité, de nombreuses personnes. Les patients vaccinés, une seringue usagée ; les patients avec des traitements à domicile, des compresses souillées. Ces derniers disposent de petites boîtes jaunes dans lesquelles ils rangent leur matériel de soins utilisé.

Blouses, gants, masques ayant servi pendant des soins

Dans les hôpitaux, les poches de sang, pas complètement utilisées ou celles arrivées à péremption s’ajoutent. Il y a aussi le matériel qui a servi à se protéger dans le cadre d’un acte médical, comme les blouses, les masques ou les gants.

Ils sont regroupés sous le nom un peu barbare des « Dasri », des déchets d’activités de soins à risques infectieux. Le risque existe lorsqu’un micro-organisme pathogène, comme le Covid-19, est présent en quantité suffisante pour contaminer.

La poubelle jaune en bas peut accueillir des déchets infectieux pour être ensuite intégrés dans une filière de tri spécifique. | EDDY LEMAISTREE

Avec la pandémie, la quantité de Dasri a augmenté. Dans les Pays de la Loire, deux installations permettent le traitement de ces déchets. Ces usines à incinération sont Syner’Val au Mans (Sarthe) et Alcéa à Nantes (Loire-Atlantique). Selon la préfecture de Loire-Atlantique, « l’activité de ces deux installations augmente significativement en période épidémique, notamment avec un plus grand nombre de contenants à traiter chaque semaine. »

Jusqu’à 120 tonnes de déchets infectieux par semaine

Les laboratoires, les hôpitaux et les pharmacies de la région envoient ces déchets dans des emballages réglementés. L’usine du Mans a ainsi enregistré 3 759 tonnes de déchets en 2020, contre 2 920 tonnes en 2019. Plus précisément, au premier trimestre de 2020, le site a absorbé jusqu’à 120 tonnes par semaine, au maximum de sa capacité.

Une filière spéciale a été créée, après un arrêté de septembre 1999, pour traiter ces déchets. L’Agence de la transition écologique l’estime entre 9 et 13 000 tonnes par an en France. Dans les Pays de la Loire, ces déchets pesaient 35,7 tonnes en 2017.

L’importance de la « barrière psychologique »

Christine David, responsable du pôle des risques biologiques à l’Institut national de recherche et de sécurité (Inrs), explique pourquoi ces déchets occupent une place à part. L’Inrs est un organisme qui accompagne les entreprises en matière de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles.

Pour les agents de collecte, la « barrière psychologique » compte. « Il faut éviter que des objets d’aspect médical, même non contaminés, se trouvent dans les poubelles afin que le ripeur collectant les déchets d’un hôpital ne se pose pas la question du risque qu’il prend en les touchant », souligne l’experte.
 

Quid des masques portés par les particuliers ? Ils ne font pas partie des Dasri. Selon Christine David : « Les masques que chacun porte dans la rue est à jeter idéalement dans un sac renfermé dans un autre sac ». Une procédure qu’on imagine loin d’être automatique pour tous les citoyens. « Si la population les mettent directement dans leur poubelle, le risque est très faible. Le virus n’est pas résistant en milieu extérieur. En revanche, il faut absolument éviter de le jeter dans la rue.»

Et pour éviter que cela n’arrive, un cadre législatif borde extrêmement bien l’affaire. La gestion de déchets d’activité de soins à risques infectieux (Dasri) est définie par des articles du code de la santé publique.

Les gros producteurs - plus de 100 kg de déchets par semaine -, comme les hôpitaux, doivent entreposer les sacs dans une salle dédiée pendant un temps défini. Ce délai précède la collecte. Il a été allongé au cours de la pandémie de Covid-19 pour permettre aux structures de santé de mieux gérer les volumes de déchet.

Une clinique soucieuse de valoriser ses déchets

La clinique de l’Anjou, à Angers, a justement alimenté, plus qu’à l’habitude, le centre d’incinération du Mans en déchets infectieux. L’établissement s’engage depuis 2009 à les réduire. D’abord de les traiter pour les amener au recyclage.

Fabien Jayet, directeur des soins à la clinique de l’Anjou, et Soizic Ménard, responsable du service qualité, témoignent de l’engagement de l’établissement pour une meilleure valorisation des déchets infectieux. | OUEST-FRANCE

Fin janvier, l’établissement, qui enregistre en moyenne 35 000 séjours de patients chaque année, a décidé de collecter les masques pour les recycler. Si ces protections ne font pas partie des Dasri, ils sont rejetés en nombre par la clinique. Par sac de 3,5 kg, la start-up sarthoise Mesdéchetsdebureau.com reprend par transporteur ces déchets et les recycle.

Par ailleurs, « la plupart de nos déchets infectieux proviennent aujourd’hui du bloc opératoire et de l’unité Covid-19. Avec la pandémie, l’utilisation de tous les équipements de protections a sensiblement augmenté », explique Soizic Ménard, responsable qualité.

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