Modes d'emploi
Jeudi 14 mai 2020, d'après le quotidien britannique The Telegraph, Airbus pourrait présenter un plan de suppression de 10 000 emplois. L'avionneur évoque "des spéculations".

Le patron d’Airbus, Guillaume Faury, a posé l’équation dès la fin du mois d’avril : « Notre trésorerie diminue à une vitesse sans précédent, ce qui peut menacer l’existence même de notre entreprise ».

Depuis plusieurs semaines, pour faire face à ce trou d’air lié à la crise sanitaire du Coronavirus, Airbus a réduit sa production et eu recours au chômage partiel pour 3000 de ses 48 000 salariés de l’Hexagone, salariés qui travaillent sur les sites de Toulouse, Nantes et Saint-Nazaire. 

Pour faire face à cette crise inédite qui va provoquer de gros dégâts chez les compagnies aériennes et donc, par ricochet, dans le secteur aéronautique tout entier, l’avionneur européen pourrait aller plus loin. 

Jeudi 14 mai 2020, selon le quotidien britannique, The Telegraph, Airbus envisagerait la suppression de 10 000 emplois. Ce plan social pourrait même aller jusqu’à la suppression de 10 % des effectifs qui s’élèvent à environ 135 000 salariés dans le monde, selon des sources anonymes citées par le quotidien.

Pour rappel, le dernier gros plan de restructuration, Power 8, qui s’était étalé de 2007 à 2010, avait engendré 5 000 suppressions d’emplois chez Airbus et autant chez les sous-traitants. À Toulouse, plus de 3000 postes avaient été supprimés. 

« Airbus ne commente pas les spéculations en cours »

Jeudi 14 mai, Airbus a qualifié ces informations de spéculation. Voici sa réaction :

Au cours des dernières semaines, Airbus a mis en place un certain nombre de mesures financières, opérationnelles et sociales afin de s’adapter aux graves conséquences sanitaires et économiques de la crise COVID-19.
La compagnie continuera à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer l’avenir d’Airbus en coopération avec ses partenaires sociaux. Airbus ne commente pas les spéculations en cours.

« Pas d’annonce officielle » en usine à Toulouse

Du côté des syndicats, l’on demeure prudent :

Dans le contexte actuel, tout peut aller très vite mais, pour l’heure, n’y a eu aucune annonce officielle en ce sens au sein de l’usine, indique Olivier Le Pelven de la CGT. Nous ne sommes pas dupe, car nous voyons bien que de nombreuses entreprises licencient actuellement mais sur notre agenda, la prochaine grande réunion avec les syndicats doit avoir lieu en septembre. D’ici là, Airbus va toujours avoir recours au chômage partiel dans les prochaines semaines. Il pourrait y avoir de nouveaux ajustements en juillet également. 

Des pertes énormes 

Par les temps qui courent, tout peut néanmoins aller vite. Au premier trimestre 2020, Airbus a accusé 481 millions de pertes.

Pour Alain Di Crescenzo, le président de la CCI Occitanie, « Airbus se retrouve dans la situation d’un couple qui a contracté un crédit pour construire sa maison et à qui l’on dit désormais qu’il va devoir continuer à payer ce crédit, mais avec des revenus divisés par deux ».

Toujours selon lui, ce sont 40 000 emplois qui pourraient être menacés dans les prochains mois. 

Crise chez les sous-traitants

D’ores et déjà, certains sous-traitants envisagent des plans de licenciements.

La direction de Derichebourg Aeronautics, l’un des importants sous-traitant d’Airbus à Toulouse a par exemple convoqué,  lundi 11 mai 2020, un comité social et économique. Une réunion pendant laquelle la direction de l’entreprise a présenté, en visio-conférence, une proposition d’accord de performance collective

Derichebourg Aeronautics emploie actuellement 1600 personnes à Blagnac. Selon les syndicats, ce sont 700 emplois qui seraient menacés par le plan de sauvegarde de l’emploi.

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